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Le Clézio favorable à « l’ouverture des frontières »


(Peinture de Mathieu Colloghan)


Le prix Nobel de littérature dénonce vigoureusement les directives du ministère de l’Intérieur à l’égard des migrants, dans un entretien au JDD. Jean-Marie Gustave Le Clézio se défend de toute "naïveté" et se déclare "en faveur de "l’ouverture des frontières". Ses origines bretonnes et mauriciennes, dit-il, l’incitent à "privilégier le partage".

Jean-Marie Gustave Le Clézio, 77 ans, prix Nobel de littérature, en 2008, se dit "scandalisé par la manière dont sont appliquées les directives" de Gérard Collomb, en matière d’immigration.

Dans un entretien, ce dimanche 1er avril, au JDD, l’écrivain, qui n’est pas « un opposant à Emmanuel Macron », estime que « sur le terrain, on est au-delà de la fermeté ». « On continue à infliger de mauvais traitements à des gens sans défense. Fermer ou ouvrir les frontières reste une question, mais une fois que les gens sont en France, il est inacceptable de mal les traiter. »

"Dominés par la peur"

À titre personnel, il est favorable à « l’ouverture des frontières ». « Suis-je trop idéaliste ? », s’interroge-t-il. Et de répondre : « Partout dans le monde, nous nous laissons trop dominer par la peur. »

Le Clézio est « reconnaissant à Emmanuel Macron de nous avoir débarrassés, à la présidentielle, de Marine Le Pen », mais, selon lui, « il devrait davantage tenir compte des défavorisés ».

Le prix Nobel explique sa position par ses origines. Né à Nice, en avril 1940, ses parents sont issus d’une famille bretonne émigrée à l’île Maurice au XVIIIe siècle. « J’ai l’habitude d’être renvoyé à la naïveté car je suis traité de naïf depuis l’enfance », confie-t-il au JDD. 

"En dehors du troupeau"

« J’ai été élevé dans une bulle mauricienne et, à Nice, il me semblait naturel d’apporter de la nourriture aux clochards alors que mes camarades de classe leur jetaient des cailloux. Je défendais aussi la liberté des colonies et j’ai donc pris l’habitude d’être en dehors du troupeau. »

« Je ne suis pas naïf », affirme-t-il. « Je vois simplement les choses différemment. Mon passé familial, mes origines bretonnes et mauriciennes, m’incitent à privilégier le partage. »

Et, s’il le faut, J.M.G. Le Clézio est prêt à réécrire une « tribune contre les mauvais traitements infligés aux migrants ». L’auteur de Désert avait déjà dénoncé la politique d’Emmanuel Macron dans L’Obs, en janvier 2018.

Le 5 octobre 2017, il avait également lu sur France Inter, un texte en faveur des migrants.

ARTICLE DE OUEST-FRANCE DU 1/4/2018

EN LIEN AVEC L'ÉCHANGE DU 14 FÉVRIER 2014 SUR "FAUT-IL OUVRIR LES FRONTIÈRES ? DÉFINIR UN DROIT INTERNATIONAL DU MIGRANT" PAR CATHERINE WITHOL DE WENDEN