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Le mot violence, issu du latin violentia (force), désigne l’usage de la contrainte physique ou morale pour dominer ou détruire. Présente dès la Préhistoire comme moyen de survie et de défense, elle se structure au fil de l’histoire. Dans les sociétés antiques, la violence est institutionnalisée à travers la guerre, l’esclavage ou les châtiments. Le Moyen Âge et l’époque moderne en font un outil de pouvoir, tout en cherchant à la justifier moralement, notamment avec la théorie de la « guerre juste » (chez Augustin d'Hippone ou Thomas d’Aquin). À l’époque contemporaine, elle atteint une ampleur inédite avec les guerres mondiales et les génocides, tout en étant de plus en plus remise en question par les droits humains et les mouvements pacifistes.
Les sciences humaines éclairent ses mécanismes : la psychologie distingue une violence impulsive et une violence calculée ; la sociologie la relie aux inégalités et à la déshumanisation ; les neurosciences montrent que l’agressivité a des bases biologiques, sans être déterminée. La violence peut aussi se retourner contre soi, sous forme d’addictions, d’automutilations ou de suicide, parfois analysées comme une réponse à une souffrance sociale ou un acte de résistance symbolique (Michel Foucault).
Face à cela, la non-violence propose une autre voie. Inspirée du principe d’ahimsa (« ne pas nuire »), elle s’est incarnée chez Gandhi, Martin Luther King ou Nelson Mandela. Loin d’être passive, elle repose sur l’action collective : boycott, grève, désobéissance civile. Des études (Chenoweth et Stephan) montrent son efficacité supérieure à celle de la violence armée.
Violence et non-violence révèlent ainsi deux potentialités humaines : dominer ou coopérer. La non-violence apparaît comme une force active capable de transformer durablement les conflits par l’éducation, la médiation et l’engagement citoyen.
Pour aller plus loin ➮ https://www.alternatives-non-violentes.org/